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Entretien avec Alica Rollo, directrice générale du CIA – Franchir les frontières : parcours de carrière actuarielle au Canada

En mai 2025, l’Association allemande des actuaires (DAV) et l’Institut canadien des actuaires (CIA) ont signé un accord de reconnaissance mutuelle (ARM) à l’occasion des réunions de l’Association actuarielle internationale (AAI) à São Paulo. Cet accord prévoit, sous certaines conditions, un parcours simplifié permettant aux membres qualifiés de chaque organisation d’obtenir une reconnaissance auprès de l’autre. Il reflète la confiance mutuelle accordée à la qualité des formations, à l’intégrité professionnelle et aux normes élevées portées par chacun des deux organismes. Dans cet entretien, Alica Rollo, directrice générale du CIA, revient sur les implications concrètes de cet accord de reconnaissance mutuelle pour la mobilité professionnelle au Canada, les différentes voies d’accès à la reconnaissance du CIA, la préparation à la pratique professionnelle ainsi que la manière dont le marché canadien accueille et soutient les professionnels empruntant cette voie. 
Written on 22/01/2026
Portrait of Alicia Rollo, Executive Director of CIA with articles title Crossing Borders: Actuarial Career Pathways in Canada

Qu’est-ce qui a motivé l’Institut canadien des actuaires à conclure un accord de reconnaissance mutuelle avec l’Association allemande des actuaires, et en quoi cela s’inscrit-il dans la stratégie internationale du CIA ?

Le CIA cherche à élargir, à l’échelle mondiale, les possibilités de portabilité de la désignation FCIA (« Fellow de l'Institut canadien des actuaires »), tout en rendant cette dernière plus accessible aux actuaires internationaux qui exercent au Canada ou souhaitent s’y établir. Les accords de reconnaissance mutuelle constituent un pilier central de la stratégie internationale du CIA et de son système de formation.

Du point de vue du CIA, quels sont les principaux avantages de l’ARM pour les actuaires canadiens envisageant de travailler en Allemagne ou sur le marché actuariel européen ?

Nous estimons qu’un accord de reconnaissance mutuelle avec l’Association allemande des actuaires (DAV) offrira de nouvelles opportunités attractives aux titulaires de la FCIA souhaitant travailler en Allemagne, tout en rendant le processus de qualification plus fluide et plus efficace.

Mobilité professionnelle et reconnaissance par les employeurs

Quels domaines de pratique au Canada (vie, IARD, pensions, risque/ERM, investissement, données et analyse) intéressent le plus les actuaires qualifiés à l’international entrant par le biais de l’ARM, et quels types de postes ou de points d’entrée se sont révélés les plus probants ?

Le titre de FCIA est la référence (« gold standard ») de la qualification actuarielle au Canada. Il atteste que son titulaire est un professionnel de confiance, apte à exercer dans tout domaine pour lequel il est qualifié, que ce soit par sa formation initiale ou par le développement professionnel continu. Les FCIA sont soumis aux règles de conduite professionnelle et aux normes de pratique du CIA, des cadres reconnus à l’échelle internationale qui garantissent aux employeurs, aux régulateurs et au public un niveau de compétence et d’intégrité parmi les plus élevés.
Le domaine de l’assurance de biens et de responsabilité est actuellement celui qui connaît la croissance la plus rapide au Canada, mais nous observons également une progression soutenue dans les domaines de la vie, du risque, de l’investissement et des champs de pratique non traditionnels.

Nous avons constaté que des actuaires formés à l’international rencontrent un réel succès au Canada par différentes voies : transferts internes au sein d’organisations internationales, mais aussi intégration via des postes standards, qu’ils soient de niveau débutant, managérial ou de leadership. Les professionnels capables de démontrer de manière créative la façon dont leurs compétences répondent aux enjeux du marché canadien affichent de solides perspectives de réussite, quel que soit leur domaine de pratique.

Comment l’adhésion au CIA par le biais de l’ARM est-elle perçue par les employeurs et les régulateurs canadiens ? Existe-t-il des contextes spécifiques dans lesquels des qualifications ou une expérience canadienne supplémentaire sont requises ?

D’après notre expérience, les employeurs et les autorités de réglementation canadiennes reconnaissent la désignation FCIA obtenue par reconnaissance mutuelle de la même manière que toute autre FCIA. La valeur de la FCIA est indépendante de la voie par laquelle elle a été obtenue ; elle représente le plus haut niveau de qualification actuarielle au Canada.
Cela étant, certaines fonctions réglementées exigent des connaissances ou une expérience spécifique, vérifiées par les autorités compétentes. Il appartient donc à l’actuaire, en lien avec son employeur, de s’assurer qu’il satisfait à ces exigences avant d’assumer des rôles réservés ou désignés.

Soutien sur le terrain

Quel accompagnement le CIA propose-t-il aux entrants via l’ARM – mentorat, réseautage, conseils CPD, services carrière – pour faciliter leur intégration sur le marché canadien et le développement de leur crédibilité locale ?

Le CIA ne fait aucune distinction entre les membres selon la voie par laquelle ils ont obtenu la désignation FCIA. L’Institut fournit des conseils individualisés à tout membre qui en fait la demande. Bien qu’il n’existe pas de programme spécifique dédié aux participants à l’ARM, nous encourageons vivement leur engagement au sein de l’Institut, notamment par le bénévolat, la participation aux événements et d’autres formes d’implication. Ces initiatives favorisent le développement des réseaux professionnels, la création de relations durables et une meilleure compréhension de l’environnement actuariel canadien.

Développement à long terme

À l’avenir, comment le CIA voit-il l’ARM élargir les opportunités de développement de carrière – par exemple en facilitant des projets transfrontaliers, des trajectoires de leadership dans des groupes multinationaux, ou des initiatives conjointes de recherche et de standards – et quels résultats indiqueraient que l’accord tient sa promesse de mobilité accrue et d’échanges professionnels renforcés ?

Nous considérons les accords de reconnaissance mutuelle comme un point de départ pour faciliter l’ensemble de ces dynamiques. Une communauté diversifiée et en croissance, composée d’actuaires très engagés et qui voient le CIA comme une composante essentielle de leur parcours professionnel, quelle que soit leur voie d’accès, constitue un signal que nous avons mis en place les bonnes ressources pour assurer la réussite et la pérennité de la profession au Canada.

Pour en savoir plus sur l'Institut canadien des actuaires, visitez le website.